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EN BREF

  • Pachinian aurait tenté de vendre de l’or, info fausse.
  • Des chatbots relaient des récits prorusses comme vérités.
  • 33 % des principaux chatbots répètent des intox.
  • Différence de réponses selon la langue utilisée.
  • Des sites de propagande russes infiltrent les IA.
  • Problèmes de fiabilité liés au volume d’informations disponibles.
  • Cas de désinformation détecté dans plusieurs outils d’IA.
  • Besoin de garde-fous pour éviter la propagation de informations fausses.

Résumé sur l’intelligence artificielle et la désinformation prorusse

Plusieurs tests récents ont révélé que les chatbots d’intelligence artificielle véhiculent parfois des récits falsifiés propulsés par des sites prorusses. Des études menées par des organismes tels que NewsGuard ont démontré que dans de nombreux cas, ces outils donnent des réponses erronées en répétant des informations trompeuses qui servent les intérêts géopolitiques du Kremlin. La nature probabiliste de ces chatbots tend à favoriser les contenus les plus répandus, souvent associés à la propagande russe. Les résultats varient également en fonction de la langue, certains chatbots étant plus résistants à la désinformation dans des langues largement parlées comme l’anglais, tandis que dans d’autres langues moins répandues, il est plus facile pour la propagande de s’infiltrer. Cette situation met en lumière les défis liés à la fiabilité des outils d’IA et la nécessité d’implémenter des garde-fous pour contrer la désinformation.

Dans un monde où l’intelligence artificielle occupe une place prépondérante dans nos vies quotidiennes, il est devenu crucial de veiller à ce que ces outils n’alimentent pas la désinformation, en particulier celle liée à des enjeux géopolitiques sensibles. Récemment, des rapports ont mis en lumière le fait que certains chatbots, tels que ceux d’OpenAI et d’autres plateformes, répercutent des récits mensongers propagés par des acteurs prorusses. Cette situation est d’autant plus alarmante qu’elle pourrait avoir des conséquences sur la perception du public face à des événements mondiaux tels que la guerre en Ukraine. Cet article vise à explorer comment ces biais s’infiltrent dans les réponses des agents conversationnels et quelles peuvent être les implications de cette désinformation.

Les origines de la désinformation prorusse

La désinformation prorusse est devenue un problème majeur depuis que le Kremlin a intensifié ses efforts pour influencer l’opinion publique à l’échelle mondiale. Des réseaux comme Pravda ont créé un écosystème complexe de sites d’information, diffusant une quantité colossale d’articles pour façonner la perception des événements en faveur de la Russie. En 2025, on estimait que Pravda comptait 370 sites et avait publié environ 6 millions d’articles.

Ce florilège de contenus fait que les chatbots voient souvent des informations biaisées dans le cadre de leur formation. Les algorithmes d’intelligence artificielle apprennent en analysant d’énormes ensembles de données, et lorsque la quantité de désinformation dépasse celle des faits véridiques, le risque que les agents conversationnels véhiculent ces récits devient élevé. Un phénomène amplifié par le fait que certains outils d’intelligence artificielle sont probabilistes, privilégiant des informations plus couramment diffusées par rapport à leur véracité.

Les tests révélateurs de NewsGuard

Pour évaluer l’impact de la désinformation sur les chatbots, l’observatoire de la désinformation NewsGuard a réalisé des tests en janvier 2026. Leur étude a révélé que, dans de nombreux cas, les outils comme ChatGPT et d’autres agents conversationnels répétaient des récits de désinformation comme s’ils étaient des faits avérés. Dans un test mené en mars 2025, il a été établi que 33 % des chatbots utilisaient des informations douteuses provenant de réseaux prorusses.

Dans une enquête plus approfondie, l’observatoire a examiné cinq récits spécifiques propagés par Pravda. Dans la moitié des cas, les agents conversationnels ont reproduit ces informations sans discernement. Bien que certains modèles puissent montrer des signes d’amélioration, il reste une alarmante propension à relayer des informations trompeuses, indiquant un besoin pressant de mécanismes de contrôle plus rigoureux.

Les dangers de la désinformation linguistique

Il est crucial de noter que le niveau de fiabilité d’un chatbot varie considérablement selon les langues. Les tests réalisés par des équipes de fact-checking dans les pays nordiques ont montré que la désinformation pouvait passer à travers les filtres des agents conversationnels plus facilement dans des langues moins répandues, où le contrôle de la propagande est moindre.

Des journalistes comme Pipsa Havula ont révélé que, dans une expérience avec le Copilot de Microsoft, les réponses variaient en fonction de la langue. En anglais et en français, le chatbot a correctement identifié une rumeur sur un événement tragique en Ukraine comme étant fausse. En revanche, dans des langues moins courantes comme le finnois ou le slovène, il a relayé à tort cette désinformation, illustrant le risque que des utilisateurs non anglophones courent en s’appuyant sur ces outils.

Les implications de la désinformation

Les conséquences de la diffusion de la désinformation par les chatbots sont multiples. Tout d’abord, la propagation de récits trompeurs peut affecter la perception du public, particulièrement dans des contextes de conflit ou d’instabilité politique. Une réponse erronée à des questions cruciales peut non seulement induire en erreur les individus, mais aussi influencer les politiques publiques et les décisions gouvernementales.

En outre, la désinformation est souvent utilisée par des acteurs malveillants pour manipuler des perceptions et des émotions collectives. En instillant la peur ou la méfiance, ces récits peuvent exacerber des tensions déjà existantes. La défiance envers les médias et les institutions publiques peut se renforcer, alimentant un cercle vicieux de méfiance et de rumeurs.

Comment les chatbots peuvent-ils être améliorés ?

Face à ce phénomène préoccupant, il est vital d’envisager des solutions pour garantir que les chatbots ne deviennent pas des vecteurs de désinformation. Une première mesure suggérée consiste à établir une liste noire des sites de propagande connus. En écartant ces sources, les algorithmes d’intelligence artificielle pourraient être incités à se concentrer sur des informations provenant de médias réputés.

Les entreprises d’IA peuvent également mettre en place des programmes de formation plus rigoureux pour leurs modèles linguistiques, en se basant sur des données vérifiées et en intégrant des mécanismes de fact-checking dans le processus de réponse. L’exigence de véracité des sources est un premier pas vers une meilleure intégrité dans les réponses délivrées par ces agents conversationnels.

The Role of Search Engines in Combatting Disinformation

Les moteurs de recherche, comme Google, sont également en première ligne face à ce défi. Des études ont mis en avant que certaines fonctionnalités, telles que Google Lens, peuvent propager de fausses informations basées sur des images générées par l’IA, avec de forts taux d’erreur. Cela souligne l’importance d’une supervision proactive des données utilisées pour former ces systèmes.

Un développement prometteur dans ce domaine est la mise en œuvre de l’Optimisation de moteur génératif (GEO), où à la fois les acteurs positifs et négatifs cherchent à influencer le récit proposé par les systèmes d’IA. À mesure que l’utilisation de ces outils d’IA se répand, il devient impératif de s’assurer que des récits véridiques soient favorisés par rapport à des mensonges apparents. Le conditionnement des algorithmes pour favoriser des sources fiables aiderait à maintenir l’intégrité des informations.

Le rôle des utiliseurs dans la lutte contre la désinformation

Enfin, les utilisateurs ont un rôle essentiel à jouer. En étant vigilants et en remettant en question les informations qu’ils reçoivent des chatbots et des moteurs de recherche, ils peuvent contribuer à limiter la propagation de la désinformation. Des initiatives de sensibilisation visant à éduquer les utilisateurs sur les dangers de la désinformation sont cruciales. En enseignant des compétences de média literacy, les individus deviennent plus aptes à détecter les mensonges et à naviguer dans l’océan d’informations disponible.

Alors que l’intelligence artificielle continue d’évoluer et de façonner notre interaction avec le monde, il est crucial de reconnaître les risques posés par la désinformation à travers des canaux automatisés comme les chatbots. La compréhension et la lutte contre ces défis nécessitent une approche collective, impliquant à la fois les concepteurs d’IA, les praticiens du fact-checking et le grand public. La mise en place de garde-fous solides pour protéger l’intégrité de l’information est essentielle dans cette lutte constante contre la désinformation prorusse. Nous pouvons tous contribuer à un écosystème d’informations plus sain, pour le bénéfice de la société dans son ensemble.

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Témoignages sur l’Intelligence Artificielle : quand les chatbots véhiculent la désinformation prorusse

Un utilisateur d’un chatbot bien connu a déclaré : « J’ai été choqué de voir à quel point certaines informations trompeuses sur l’Arménie étaient relues comme des vérités. J’avais demandé si le Premier ministre arménien avait vendu de l’or à des entreprises turques, et le chatbot a affirmé que c’était vrai, sans aucune nuance. »

Une journaliste engagée dans le fact-checking a partagé son expérience : « Lors de mes tests avec plusieurs chatbots, j’ai constaté qu’ils répétaient souvent des récits d’origine prorusse. Cela a été particulièrement évident lors de l’examen de la désinformation sur la guerre en Ukraine. Les réponses variaient grandement selon la langue utilisée. »

Un expert en intelligence artificielle a souligné : « Les chatbots sont des outils probabilistes. Ils privilégient les informations les plus répandues, même si cela veut dire relayer des fausses nouvelles. C’est inquiétant, surtout quand on pense à l’impact que cela peut avoir sur l’opinion publique. »

Un étudiant en médecine a rapporté sa frustration : « J’ai demandé à un chatbot si un élève danois avait été tué en Ukraine. En anglais, il a correctement réfuté cette information, mais dans d’autres langues moins parlées, il a validé cette rumeur. Cela montre la vulnérabilité des systèmes d’IA face à la propagande. »

Une militante pour l’éthique dans l’IA a expliqué : « Les géants de la technologie doivent impérativement mettre en place des garde-fous pour éviter que des récits mensongers soient propagés par leurs outils. Si les chatbots peuvent en toute confiance relayer de fausses informations, cela pose un problème d’intégrité majeur. »

Un fréquenateur assidu des réseaux sociaux a également témoigné : « Beaucoup de gens ne réalisent pas que certaines réponses de chatbots peuvent être influencées par des campagnes de désinformation. Cela m’inquiète, car de nombreux utilisateurs font confiance à ces outils pour s’informer. »