Bon. Parlons franchement : vous avez trouvé une entreprise prête à vous accueillir, mais votre école vous réclame un document avant de valider quoi que ce soit. Ou pire, vous n'avez plus d'école du tout et on vous parle de cette fameuse convention comme s'il s'agissait du Graal.

La convention de stage, ce bout de papier tripartite qui fait trembler les services RH et stresser les étudiants.

J'ai accompagné des dizaines de stagiaires dans leurs démarches, et j'ai vu les mêmes erreurs se répéter. Des conventions refusées parce qu'une date manquait, des stages annulés parce que la signature de l'établissement n'était pas arrivée à temps, des jeunes qui croyaient pouvoir contourner le système et qui se sont retrouvés dans une situation juridique délicate.

Alors voici tout ce que vous devez savoir, sans détour.

Points clés à retenir

  • La convention de stage est obligatoire et doit être signée par 3 parties avant le début du stage : vous, l'entreprise et votre établissement de formation.
  • Sans convention, un stage est illégal. L'entreprise s'expose à des sanctions, et vous n'avez aucune protection en cas de pépin.
  • Pour l'obtenir, il faut être inscrit dans un organisme de formation. Sans école, des alternatives existent : PMSMP, Service Civique, formation à distance.
  • La gratification minimale est calculée sur un pourcentage du plafond de la Sécurité sociale. En 2026, le montant horaire dépasse 4,35 € et doit être versée dès la première heure de stage au-delà de 2 mois.
  • Les mentions obligatoires sont nombreuses : horaires, congés, assurance, confidentialité. Une seule omission peut faire refuser votre convention.
  • Pour un stage à l'étranger, des organismes intermédiaires et des clauses spécifiques s'ajoutent au document classique.

Comment obtenir une convention de stage ? Le parcours classique expliqué pas à pas

Si vous êtes actuellement inscrit dans une école, une université ou un organisme de formation, le processus est relativement simple. Relativement, car il demande de l'organisation et de l'anticipation.

La première chose à faire est de trouver un stage. Cela semble évident, mais beaucoup d'étudiants cherchent la convention avant d'avoir l'offre. Le processus est inversé : vous devez d'abord décrocher une promesse d'accueil, puis faire valider le cadre légal.

Une fois votre stage trouvé, vous vous adressez au service des stages de votre établissement. Concrètement, cela passe souvent par une plateforme dédiée accessible depuis votre ENT (Environnement Numérique de Travail). C'est là que vous générez le document officiel.

Le rôle de la scolarité dans la validation

La scolarité ne fait pas que tamponner un document. Elle vérifie que votre stage remplit les conditions pédagogiques de votre formation. Un stage qui ne correspond pas à votre cursus sera refusé. Une collègue de mon association a vu son stage refusé parce que sa mission était trop éloignée de sa spécialité. Résultat : trois semaines de retard et une nouvelle recherche.

Votre établissement peut aussi fixer des règles internes : durée minimale ou maximale, période autorisée, cumul avec les cours, etc. Renseignez-vous avant de signer quoi que ce soit.

Les documents à fournir au service des stages

Préparez votre dossier. En général, on vous demandera :

  • Votre relevé d'identité bancaire (RIB) pour le versement de la gratification ;
  • Les coordonnées complètes de l'entreprise : adresse, SIRET, représentant légal ;
  • Une description de vos missions, souvent à joindre en annexe ;
  • Les dates précises de début et de fin de stage ;
  • Parfois votre CV et votre lettre de motivation, mais cela dépend des établissements.

Un conseil d'ancien stagiaire qui a galéré : vérifiez que l'adresse de l'entreprise est exacte. Une simple erreur d'étage et le courrier revient, et la signature prend deux semaines de plus.

Combien de temps faut-il compter pour obtenir la convention ?

Entre le moment où vous soumettez votre demande et celui où vous recevez le document signé par l'établissement, comptez en moyenne une à trois semaines, selon les périodes. En septembre et en janvier, les services sont saturés. Ne vous y prenez pas à la dernière minute.

Une fois l'établissement d'accord, la convention part à l'entreprise pour signature, puis vous la signez. Certains établissements exigent que la leur soit la dernière. Renseignez-vous, car l'ordre de signature n'est pas anodin pour eux.

Votre question : comment obtenir une convention de stage sans école ?

Ah. C'est la question que je vois passer le plus souvent, et la réponse déçoit toujours.

Autant être direct : il est impossible d'obtenir une convention de stage classique sans être inscrit dans un établissement d'enseignement ou un organisme de formation. Le stage, au sens du Code de l'éducation, est par définition un dispositif pédagogique.

Un stage sans convention, c'est un stage illégal. L'entreprise peut être condamnée pour travail dissimulé et vous n'avez aucune des protections prévues par la loi. Franchir cette ligne est une erreur grave.

La PMSMP : votre meilleure alternative avec France Travail ou la Mission Locale

Vous êtes demandeur d'emploi ou suivi par une Mission Locale ? La PMSMP (Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel) est faite pour vous.

Ce dispositif encadre une immersion en entreprise. Vous restez sous la responsabilité de votre conseiller France Travail ou de votre référent Mission Locale, et c'est lui qui signe la convention avec l'entreprise. Vous découvrez un métier, vous validez un projet professionnel, vous montrez vos compétences à un employeur potentiel.

J'ai vu plusieurs personnes enchaîner une PMSMP puis un CDI. L'immersion sert de période d'essai grandeur nature. Vous n'êtes pas payé, mais vous touchez généralement le maintien de vos allocations, et c'est bien encadré.

La PMSMP dure généralement une à deux semaines, renouvelable dans certaines conditions. Elle ne peut pas dépasser un certain nombre d'heures par an, fixé par la réglementation.

Le Service Civique comme porte d'entrée

Le Service Civique n'est pas un stage, mais il offre une expérience en mission d'intérêt général de 6 à 12 mois. Vous êtes indemnisé (environ 620 € net par mois), vous êtes couvert par la sécurité sociale et vous bénéficiez d'une formation civique et citoyenne. C'est une piste sérieuse si vous cherchez à gagner de l'expérience et un statut.

Se réinscrire dans une formation qui inclut un stage obligatoire

C'est la solution radicale, mais elle fonctionne. Vous vous inscrivez dans un cursus à distance (le CNED, par exemple) ou dans un organisme de formation habilité qui prévoit des périodes de stage dans son programme. Vous suivez la formation et vous utilisez la période de stage prévue pour travailler en entreprise.

Le coût peut être un frein, mais certaines formations sont peu chères ou finançables. Et vous repartez avec un diplôme ou une certification, ce qui n'est pas négligeable.

La gratification et les durées maximales : ce qui a changé et ce qu'il faut savoir

Passons aux chiffres, parce que c'est là que les erreurs sont les plus fréquentes.

La gratification et les durées maximales : ce qui a changé et ce qu'il faut savoir

Depuis le 1er septembre 2025, le montant horaire de la gratification minimale des stagiaires est fixé à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. Concrètement, pour 2026, cela représente environ 4,35 € de l'heure.

La gratification n'est due qu'à partir du 44e jour de présence effective (soit environ 308 heures). Avant cela, aucun versement n'est obligatoire. En dessous de ce seuil, le stage peut être bénévole, même si un accord de branche peut prévoir mieux.

Combien d'heures à temps plein ?

La loi fixe à 924 heures par an le temps de présence maximal dans l'entreprise, soit six mois à temps plein. Au-delà, ce n'est plus un stage, c'est un emploi déguisé. L'entreprise doit alors vous embaucher, sinon elle se met dans une situation illégale.

Pour un employeur, le calcul est simple : un stage de 6 mois à temps plein revient à environ 6 mois × 151,67 heures × 4,35 €. Cela fait un peu plus de 3 900 € sur toute la période. Ce n'est pas négligeable, mais c'est bien moins qu'un salaire au SMIC chargé.

Les erreurs de calcul classiques

J'ai vu un employeur calculer la gratification sur la base de 35 heures hebdomadaires alors que le stagiaire faisait 39 heures. Erreur. La convention doit mentionner le nombre d'heures réel. Un autre a oublié de verser la gratification le premier mois parce que le stagiaire n'avait pas atteint le seuil des 44 jours. Erreur aussi : le versement démarre au 44e jour, mais il doit couvrir toutes les heures effectuées depuis le premier jour, y compris celles des 44 premiers jours.

Ces détails font la différence entre une convention propre et un conflit.

Votre question : que doit contenir une convention de stage pour être valide ?

Une convention incomplète est une convention refusée. Je ne compte plus les dossiers bloqués pour des omissions simples.

Voici les mentions obligatoires :

  • Les noms et coordonnées des trois parties ;
  • Les dates de début et de fin, ainsi que la durée totale du stage ;
  • Le nombre d'heures hebdomadaires de présence ;
  • Le statut de l'étudiant (filière, année d'étude) ;
  • Les missions confiées au stagiaire ;
  • Le montant de la gratification et ses modalités de versement ;
  • Les conditions de couverture sociale (accidents du travail, maladie) ;
  • Les horaires et, le cas échéant, les règles de télétravail ;
  • Les congés et autorisations d'absence ;
  • Les clauses de confidentialité et de propriété intellectuelle ;
  • Les conditions de résiliation et de suspension du stage.

Les clauses qui font souvent défaut

La clause de confidentialité est quasi systématiquement ajoutée par l'entreprise, et c'est normal. En revanche, la clause relative à la propriété intellectuelle est souvent oubliée. Que se passe-t-il si le stagiaire développe un code ou une méthode pendant son stage ? Sans clause, tout appartient au stagiaire. Votre école peut avoir un modèle type, mais si ce n'est pas le cas, exigez cette mention.

L'assurance responsabilité civile est une autre zone d'ombre. L'établissement doit souscrire une assurance pour son stagiaire, mais l'entreprise doit souvent vérifier la couverture en cas de déplacement externe. Une collègue RH m'a raconté avoir bloqué une convention dix jours parce que l'école n'avait pas fourni l'attestation. Dix jours, pour un tampon.

Les erreurs qui entraînent un refus de validation

  • Une date de début antérieure à la signature. Rédhibitoire. Le stage ne peut pas commencer avant que les trois parties n'aient signé ;
  • Un RIB manquant ou erroné ;
  • Une description de missions trop vague. « Aide à la communication » ne suffit pas ;
  • Une durée qui dépasse les 924 heures annuelles ;
  • Une gratification inférieure au seuil légal, sans accord de branche le justifiant.

Une convention refusée, c'est du temps perdu. Et si votre stage doit commencer dans une semaine, cela peut devenir très compliqué.

Le cas particulier des stages à l'étranger

Partir en stage hors de France ajoute une couche de complexité, mais c'est loin d'être impossible.

Le cas particulier des stages à l'étranger

Votre école peut avoir des partenariats avec des organismes intermédiaires locaux. Ces organismes agissent comme votre établissement d'accueil sur place et signent la convention. Erasmus+ fonctionne ainsi pour les stages en Europe : l'université d'accueil ou l'organisme coordinateur endosse le rôle de l'établissement de formation.

Pour la couverture santé, la CEAM (Carte Européenne d'Assurance Maladie) fonctionne pour les pays de l'Union européenne et quelques autres. Ailleurs, une assurance privée sera nécessaire. Vérifiez que votre convention mentionne explicitement la couverture en vigueur.

La durée légale locale peut s'avérer différente de la durée française. Certains pays limitent le stage à quelques mois pour les étudiants étrangers. Vous devez vérifier les règles en vigueur et vous assurer que votre établissement est informé.

Enfin, la gratification peut être non due dans certains pays. Ne partez pas du principe que les règles françaises s'appliquent. Renseignez-vous avant de signer, pas après.

La fausse bonne idée des conventions achetées en ligne

Je me dois d'être clair ici, car j'ai vu trop de jeunes se faire piéger.

Les sites qui promettent une « convention de stage en 24 heures » moyennant paiement sont des arnaques, tout simplement. Une convention signée par un organisme fictif ne vaut rien. L'entreprise peut être poursuivie pour travail dissimulé, et vous risquez gros.

Il n'existe pas de « convention libre » valable sans organisme de formation réel. Si vous voyez une offre alléchante, fuyez.

La seule voie légale passe par un cadre pédagogique ou par les dispositifs d'insertion comme la PMSMP. C'est contraignant, mais c'est la loi. Et la loi est là pour vous protéger, vous.

Votre question : à qui s'adresser pour obtenir une convention de stage ?

En premier lieu : le service des stages de votre établissement. C'est l'interlocuteur principal, celui qui valide et qui signe.

Votre question : à qui s'adresser pour obtenir une convention de stage ?

Si vous êtes demandeur d'emploi, votre conseiller France Travail est votre contact pour la PMSMP. Si vous avez moins de 26 ans et que vous êtes suivi, votre référent Mission Locale fait de même.

Pour un stage à l'étranger, le bureau des relations internationales de votre université ou l'organisme coordinateur Erasmus+ de votre école.

En cas de litige avec l'entreprise, votre établissement peut être un médiateur. Ne restez pas seul face au problème : c'est précisément pour cela que la convention existe.

Le mot de la fin

La convention de stage n'est pas un simple papier administratif. C'est votre filet de sécurité. Elle vous protège en cas d'accident du travail, elle garantit votre gratification, elle encadre vos missions et vos horaires. Chaque ligne compte.

Prenez le temps de la lire, vraiment. Vérifiez chaque date, chaque montant, chaque clause. Une erreur de votre côté peut retarder votre stage. Une erreur de l'entreprise peut la mettre en danger, et vous avec.

Et si votre situation est particulière, ne restez pas sans réponse. Un conseiller, un enseignant, un avocat en droit du travail peut vous aiguiller. Avant de signer, jamais après.